L'artiste Abou Chihabi est de retour. L'enfant du pays est arrivé à Moroni, pour deux grands concerts à l'Alliance Franco-Comorienne. Accompagné de ses deux musiciens, cet auteur compositeur de renom promet de faire découvrir au public la richesse musical.Avec ses cheveux à la Bob Marley, l'infatigable Abou Chihabi venu tout droit de Mayotte où il a déposé ses valises de puis quelques années, a programmé deux shows à Moroni. Avec un style musical varié, cet artiste compositeur, auteur du premier hymne national comorien (1976) est inspiré de divers endroits notamment l'Afrique, l'Europe et le Brésil. « Ma musique n'a pas de frontière, elle voyage partout », affirme celui qui enseigne la musique dans une école à Mayotte.
Issu d'une mère mahoraise, Abou Chihabi a fait son éducation musicale en prison. Son répertoire est influencé par la musique traditionnelle dont le Chigoma et le Tari la Ndziya, la musique européenne, africaine, brésilienne... Ses chansons parlent de l'injustice sociale et de la discrimination raciale, des paysans et de l'archipel. « J'ai fais mes chansons sur mon vécu du pays, de l'époque coloniale, pendant et après la révolution et de mon exil », a expliqué Abou Chihabi qui est le frère d'un autre artiste connu pour être le fondateur du premier studio d'enregistrement de l'archipel (Studio1).
Accompagné de ses deux musiciens, Abou Chihabi assure lui aussi de la guitare acoustique dans le groupe. Il y a parmi ses musiciens, Hassan Saadi, originaire de la Grande-Comore qui s'occupe de la percussion, et Anne Julie d'origine française qui sont tous deux réunis par l'amour de la musique. « On a commencé de travailler tous ensemble il n'y a pas très longtemps, et on a fait un concert à Mayotte, puis voilà...», expose Anne Julie, une autre enseignante dans un collège mahorais.
Abou Chihabi, ce guitariste rénovateur, ne vit que de la musique et essaye de créer à partir de ce qu'il a acquis. « La musique c'est du boulot », lance Anne Julie avant d'ajouter qu'« avec la musique, on essaye d'être en harmonie ». Portant un regard sur la musique comorienne qu'il suit à distance, Abou invite « les jeunes à travailler parce qu'il n'y a pas de miracle. La musique est un travail comme les autres professions ».
Le public comorien qui a soif de le voir après plusieurs années d'absence, peut le découvrir les 7 et 8 janvier prochain à l'Alliance Franco-comorienne de Moroni dans un spectacle organisé conjointement avec Studio1. « Les chansons parleront et le public viendra pour juger l'évolution musicale », conclut-il.
Abou Chihabi, c'est plus de 30 ans de passion pour la musique, à travers notamment son célèbre groupe Comores Folk Océan, qui a bercé toute une génération de jeunes des années 70 et 80 par ses chansons restées inoubliable comme « Riké djé » ou « Viva Comoro ».
Fatouma Hamada
