33ème Anniversaires

33ème Anniversaires
12 Novembre 2009 : 33ème anniversaires de l'admission des Comores aux Nations Unies comme pays composé de 4 îles : Mayotte, Anjouan, Grande-comore et Mohéli.
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# Posté le mercredi 04 novembre 2009 21:20

LEGISLATIVES : Listes provisoires

LEGISLATIVES : Listes provisoires


Mohéli

Dewa 1
Aboubacar Hassane / Attoumane Younoussa
Hamada Madi Ali / Ali Said Houmadi
Ahmed Daroumi / Abdallah Soidri
Zaouenti Imani Hilali / Abdou Tamadouni

Msoutrouni et Moimbassa2
Abdallah Said Sarouma / Ben Mourchid Ahamada
Hadidja Mansourou / Hidayat Salim Madi
Said Ahmed Zaki / Soudjay Madi Mooi
Sitti Kassim Soufou / Mohamed Abdallah

Djando 3
Abdallah Ahamadi Attoumane / Matrafi H. Abdallah
Ali Issoufa Boina / Abacar Nomane
Djabir Abdou / Mohamed Mhoma Soilihi
Saindou Youssoufa Djabir / Abdou S.Toumani
Ambdi Madi Boina / Abdou Halidi Attoumane

Nioumachoi 4
Abdou Bacar Soihir / Nabouhane Ben M'sa
Bianrifi Tarmidhi / Andili Lieda
Loutfi Attoumane Ali / Chaanrane Bacar
Said Ali Dahalane / Abdou Latuf Madi Ali
Préfectures/Régions N° de la Circ. Candidats/suppléants

Anjouan

Sima 5
Ibrahim Ahamadi / Ahamed Nassor
Nourdine Fadhula / Mohamed Said Houmadi
Mouhamadi Boinali / Artadhu Mouchitadi
Salim Abasse / Chamssiddine Mouhoudhoir
Mohamed Djaffar M'soili / Sidi Maskati

Mutsamudu 6
Chamoussidine Ioussouf / Nourallah Combo
Abdou Sidi / Ibrahim Ahmadi
Youssouf Abdou / Roufouanti Houmadi
Mouhtar Elhad A. Salim / Attoumane Houmadi
Youssouf Miftahou / Ahamed Dine Combo
Sidi Bacar / Nabile Jaffar
Ahmed Mohamed / Daoud Toilha

Mutsamudu 7
Abdou Saïd Houmadi / El-Had Badrou Combo
Abdou Salami Abdou / Maoudjoudi Houmadi
Dhounouraine Ali Bacar / Said Ali Houmadi
Ahmed Djanffar / Ahmed Youssouf
Ali Ousseni Chafi / Youssouf Daoud

Ouani 8
Attoumane Allaoui / Attoumani Houmadi
Saidali Ahamadi / Mohamed Youssuf Houmadi
Mohamed Ahmed Ben Ali / Idrisse Malide

Ouani 9
Abdou Yssoufi / Toiliha Ahamadi
Mohamed Said/ Ali Attoumani Ibrahim
Soiffa Ousseni / Abdou Bamdou
Sadjadou Halidi / Attoumane Boili
Anli Attoumane Ismael / Zaidou Ahamadi

Domoni 10
Attoumane Issiaka / Mohamed Machitaka
Abdallah A. Abderemane /Ibrahim Abdoulwahid
Ahmed M. El-Amine / Issouf Papa Moirabou

Domoni 11
Amirddine Boura / Abdou Lavani
Moursoidi Massondi / Moustoifa Ahmed
Abdou Oili / Nassur Abdallah

Nioumakele 12
Said Ali Mahamoud/ Mohamed Bourhane
Mahamoud Attoumane / Attoumani Houmadi
Soumaila Haribou / Mohamed Bacar
Halidi A. Ibrahim / Hamidoune M'bouchi
Abibou Ben Mahamoud/ Jannette Sanadane
Ahmed Samir / Houmadi Bacar
Moussa Houmadi / Latufou M'soma

Nioumakele 13
Mohamed Soula / Aoussoine Soilihi
Kamal Issouf / Anueche Ahamadi
Nassimou Ahamadi / Daroueche Houmadi
Toihirdine Allaoui / Said Ali Riassa
Assane Houmadi / Antoy Ousseni
Zaza Djanffar / Nidhoimi Chadhouli
Maendhu Ahamad/ Soidikane Ahamadi

Grande comores
Moroni Nord 14
Ibrahim Mohamed Soulé / Youssouf Boinahéri
Ali Said Ridjali / Baraka Mmadi
Said Mohamed Habib/ Zalhata Mohamed
Soule Ali / Nourdine M'ze
Abdoulfatah Said Mohamed/ Sarah Said
Mahamoud Ali M. / Moinafatima Mohamed
Ali Mliva Youssouf / Jean Mone Ahmed
Said Chaehoi Soilihi / Maoulida Ben Ousseine

Moroni Sud 15
Hafsoita Hamada / Nourdine Ben Ahamad
Mouhssini Hassane / Said Ahmed Said Ali
Soilihi Mohamed Soilihi / Ibrahim Abdou Raz
Samra Bacar Kassim / Yacoub Mohamed
Mohamed Papa Mdjassiri / Mariama Hortensi Ali
Moilime Djoussouf / Mohamed M'ze Soilihi
Ahmed Moumini / Mohamed Abdallah
Tourqui Said Mohamed / Amina Mohamed
Djaffar E.S Ounkachat / Riadhi Said Ahmed

Bambao 16
Alhadhur Ali / Youssouf Ismael Mmadi
Youssouf Mohamed Boina / Soymata Minihaj
M'ze Madi Mariama / Ali Yamani Bakari
M'zé Mroivili Nassuri / Ahamada Andhumati
Abdou Assimakou / Youssouf Baboulou
Issa Ben Said / Kamardine Mohamed M'zé

Oichili- Dimani 17
Chatoi Abdou Mahamou / Hahim Abdoulfatah
Ahmed Mohamed / Ibrahim Mahamoud
Ahamada Ali / Assoumani Ali
DajéAhamada Chanfi / Mahamoud Ali
Ali Mohamed Ali / Hassani Zoubeiri
Soulé Mdahoma / Ahamada Halidi Ouledi
Ali Abdou Soimadou / Said Ali Mohamed
Said Ben Youssoufa / Younoussa Rachidi

Itsandra Nord 18
Yahaya Mohamed Ali Assa / Ahamada Hamadi
Naoufal Boina / Mohamed Moimba Youssouf
Ibrahim Ali Mchangama / Mohamed Madi
Mohamed Saleh Bin Ahmed/ Mohamed Said Charif
Hassani Ali Ngazi / Mohamed Abdou Ben Ayouba
Hamada Abdou Mbechezi / Ibrahim Ahamada Isslam
Hassani Mlanaoindrou / Youssouf Adam
Ahmed Ali Youssouf / Hassani Youssouf
Hassani Ii Ali Tabibou / Djoumoi Mohamed
Ali M'sa Idjihadi / Mohamed Ahamada Samada

Itsandra Sud 19
Mhamed Bakry Chakira / Ibouroi Said
Mohamed Ali Dia / Ali M'sa
Mohamed Said Ahmed/ Hassane Ben Ali
Aboubacari Charifou / Abderemane Charif
Said Ibrahim Fahami / Faroukou Yahya Boina
Allaoui Said Abasse / Said Mohamed Said Harouna
Hassani Ahamada Youssouf / Mohamed Rachid
Soule Said/ Faissoil Youssouf
Boinaidi Abdou Elghaniyou/ Soulaïmana Youssouf

Mitsamiouli-Moudé 20
Saadi Abdou Ahamada/ Ahmed Youssouf Islam
Ahamada Ali Mmadi / Mohamed Youssouf
Djaffar Mohamed Ahmed Mansoib/ Said Mdahoma
Hamdi Mohamed / Mohamed Adria
Said Mohamed Mchangama/ Hassani Ahamada
Said Mohamed Adamou/ Sudiki Ahamada
Mihidhoir Sagaf / Yousouf Mohamed Abdou
Said Abdou Djaé / Avouka Mchangama

Hambou 21
Ousseine Djoubeire/ Abdoul-Afour Said Islam
Souna Ali Imamou/ Ahamada Soule
Bourhane Hamidou / Boinahidy Abdallah Moussa
Ibrahim Souef Mdahoma/ Said Soilihi M'zé
Delapayre Jean Emile/ Abdou Nadjatte
Mchami Msaidie / Said Hamidou
Said Abdallah Salim/ Said Mohamed Ben Said Ali

Hamahamet-Mboinkou 22
Mohamed Ahmed Idi / Mikidachi Abdou
Ibrahim Ahmed/ Ahmed Toybou
Mbaé Ali Ahmed/ Chakour Hamada
Mohamed Ali Soilihi / Hassani Mouigni
Hamidou Bachirou / Abdou Omar Moengarié
Hamidou Karihila (Dr) / Said Ahamada Mohamed

Ngouengwé 23
Ibrahim Ali / Said Youssouf
Rihaoindro Saroumaya/ Keldi Said Ali M. Toihir
Mohamed Maoulida / Fatouma Djoumoi Soilihi
Said Mogni / Salim Said
Said Abdallah Abdou Elkarim/ Ali Mohamed Ibrahim
Ibrahima M. Sidi / Youssouf H. Saandi Kassim

Itsahidi 24
Omar Tamou / Abdallah Moumine
Abdillah Yahaya / Adiwane Ahmed
Ahamada Soilihi Mlatame /Banatti Rachidi
Abasse Saadi / Ahmed Soudjay
Mohamed Hassani / Soule Youssoufa

# Posté le mercredi 04 novembre 2009 03:58

MA PROPRE VISION DES CHOSES

MA PROPRE VISION DES CHOSES


Puisque depuis avril 1999, je me suis engagé à côté des officiers, sous officiers et militaires de rang de l'Armée Nationale de Développement, pour participer activement à la gestion de la patrie, je ne pouvais que placer toute ma conviction en une réussite de notre pays les Comores.

J'ai véritablement cru, comme beaucoup de mes compatriotes, à notre capacité de dépasser nos clivages ou comme savait bien le dire Feu Président Ali Soilihi, nos petites querelles de rien du tout, pour sauver notre pays, notre patrie, nos populations de la balkanisation et de la haine inter îles.

J'ai cru aux négociations inter comoriennes et surtout à notre combat commun, celui de la lutte contre le séparatisme pour la sauvegarde de l'unité du pays et de l'intangibilité de nos frontières internationalement reconnues.

J'ai cru en cela car jusqu'à là, heureusement, aucune autorité, aucun cadre supérieur, aucun citoyen comorien n'a osé parler de l'île comorienne de Mayotte comme d'une terre étrangère et lointaine ou encore accepter l'implantation de l'administration française dans la quatrième île de l'archipel des Comores, et donc pour un esprit rationnel, personne ne pourrait accepter une poussée des séparatistes à Anjouan, à Mohéli et encore moins en Grande Comores pour la balkanisation de notre maison commune, les Comores.

J'ai cru car pour moi, le pays a désormais une potentialité intellectuelle évidente et en toutes disciplines ; il a également ses cadres supérieurs ; et surtout, il a ses hommes d'Etat : beaucoup d'anciens membres des gouvernements, directeurs d'administration centrale et chefs des projets ou d'entreprises.

J'ai cru parce qu'en réalité, ne pas croire ou se permettre de douter des capacités intellectuelles que résorbent désormais les Comores, pour relever les multiples défis de la mondialisation, n'étaient pas permis. J'avoue aujourd'hui que ce sont les séparatistes et les pseudos qui ont gagné la bataille. La guerre, quant à elle, continue, et l'armistice est loin d'être signée.

Pour gagner cette guerre, me semble-t-il, nous devons tous parler le même langage, le langage de la vérité. Un langage qui blessera peut-être, mais un langage très proche du peuple d'en bas, un langage débarrassé de toute démagogie, un langage enfin conforme à celui pratiqué par tous les autres pays du monde.

Notre grand problème, en tout cas c'est celui que j'ai identifié après cette expérience dans les affaires de l'Etat, est le manque très visible d'une société civile réellement civile. On a l'impression que contrairement à ce que j'ai cru, les Comores manquent d'intellectuels au vrai sens du mot. Tout est à l'envers.

Je suis conscient que certaines conclusions que d'aucuns qualifieront certainement de hâtives, blesseront certaines personnes, mais je n'ai vraiment pas le choix. L'hypocrisie, le mensonge et surtout la délation sont devenus monnaie courante dans les états majors politiques et ainsi les m½urs politiques comoriens sont infectés.

En effet, suite à une crise sécessionniste préparée et déclenchée par certains cadres comoriens, le pays s'est retrouvé seul face à son destin. Un pays qui n'a même pas achevé sa décolonisation et donc à moitié indépendante, sous développé de surcroît. Un pays qui, en l'espace d'un quart de siècle seulement a déjà dans ses archives quatre Constitutions et deux modèles différents de gouvernance à l'image de deux grandes puissances mondiales d'antan.

On a parlé de la mauvaise gouvernance, de la dictature, des coups d'Etat, de détournements de fonds publics, de domination d'une île sur toutes les autres... On a quand même pris toutes les " précautions " à ne pas chercher les auteurs de ces mots, ces maux. Et l'on veut quand même en trouver, on désigne très facilement l'ancienne puissance coloniale.

La raison de cette tactique machiavélique est très simple : ce sont les mêmes personnes qui ont géré le pays et qui accusent aujourd'hui. On s'est donc arrangé pour trouver le criminel : le système politico institutionnel.

Ensemble, nous avons changé le système, le nom de l'Etat, l'emblème national, la devise, les dénominations des institutions et on a même projeté la possibilité de changer l'hymne national et la capitale fédérale.

Tout cela pour être encore tout près des "revendications" de ceux qui voulaient le pouvoir sans avoir le vouloir le dire. Ceux qui voulaient le pouvoir, mais en cachant leurs ambitions. Dès qu'ils l'ont quelque part dans le pays, ils font la même chose que ce qui se passait " en haut ". Bien sûr que tout le monde savait qu'à un instant "t", la vérité éclaterait.

En fait, les Comoriens que nous sommes, ressemblons paradoxalement aux personnages de la comédie humaine bien décrite au XIXème siècle par Balzac dans Père Goriot.

En effet, ces hommes et femmes politiques qui ont gouverné notre pays ont tous été des Rastignac Eugène, des Vautrins, ces héros balzaciens : étudiants plutôt sympathiques, fils de bonne famille, dignes de leur pauvreté, intelligents, idéalistes, et qui ont voulu " parvenir coûte que coûte ".

Le jeune provincial (Msafarini) a pourtant un handicap: il est dominé économiquement par Vautrin. Faiblesse qu'il espère passagère, car Rastignac est ambitieux et il souhaite "arriver", "parvenir ". Rastignac veut profiter de la vie et n'a que faire de se plier aux règles du jeu social. Il est jeune, beau, l'avenir lui appartient. Mais la vie transforme jour après jour les espoirs en illusions perdues.

Dans le langage courant, Rastignac incarne le prototype de l'ambitieux. Chacun des personnages balzaciens, incarne une forme d'ambition, chacun ayant des revanches à prendre. Parce que s'il n'y a pas au départ une blessure que l'on s'acharne soit à exploiter, soit à cacher, il y a moins de raison d'aller de l'avant.

D'ailleurs, parlant de Rastignac, un contemporain disait : " Dans mon esprit, notre Rastignac ne devait être intéressé ni par le pouvoir, ni par l'argent, mais par une forme de jouissance. Il vit dans l'instant, sur le devant de la scène, mais il n'a ni plan d'avenir, ni politique de l'ambition. Cette quête - presque suicidaire - de la jouissance, lui apporte peu de vrai plaisir et aucun bonheur. Ce n'est pas ce qu'il recherche, d'ailleurs. Rastignac n'est pas un jeune homme heureux. Au fond, c'est un personnage très noir et autodestructeur ". Une foule de circonstances inutiles à consigner ici, décuplèrent son désir de parvenir et lui donnèrent soif de distinctions.

D'autres personnages aussi intéressants pour tout comorien vivant aux Comores aujourd'hui, jalonnent le roman de comédie dramatique humaine de Balzac et ressemble comme par hasard à beaucoup de personnages politiques chez nous. Il s'agit de De Marsay : "Hélas, toutes ces belles qualités, ces jolis défauts étaient ternis par un épouvantable vice: il ne croyait ni aux hommes, ni aux femmes, ni à Dieu, ni au diable." D'Eugénie Grandet : "Ses traits, les contours de sa tête que l'expression du plaisir n'avait jamais ni altérés ni fatigués, ressemblaient aux lignes d'horizon si doucement tranchées dans le lointain des lacs tranquilles." De Pierrette : "Sa gaieté perdue existait encore dans la vivacité des contours de l'oeil, dans la grâce ingénue de son front et dans les méplats de son menton court.

De Gobseck : "Vers le soir, l'homme-billet se changeait en un homme ordinaire, et ses métaux se métamorphosaient en c½ur humain." De Cérizet : "et le regard, quand l'âme y envoyait une expression de malice, eût effrayé des juges et des criminels". De Mlle Cormon : "Malgré de grosses lèvres rouges, l'indice d'une grande bonté, ce front annonçait trop peu d'idées pour que le coeur fut dirigé par l'intelligence." Et enfin du Colonel Chabert : "Mais un observateur (...) aurait trouvé de plus en cet homme foudroyé les signes d'une douleur profonde, les indices d'une misère qui avait dégradé ce visage."

J'espère que ces illustrations permettront d'appréhender la diversité des personnages, célèbres ou moins célèbres, que l'écrivain a inventés : des hommes, des femmes, des enfants, des ambitieux, des désespérés, des avares, des mystiques... dont Balzac nous dresse un portrait physique et moral, qui correspond facilement à notre temps.Cette description balzacienne nous permet de comprendre qu'aux Comores tout est comédie dramatique.

En réalité que s'est-t-il passé ? Des comoriens, jeunes, vieux et moins jeunes, après leurs études, ont cru accéder au pouvoir pour s'enrichir et mener une vie conforme à leurs rêves.

Hélas, pour certains, le fait de parvenir au pouvoir n'a pas résolu leurs problèmes ; pour d'autres, ils n'ont même pas eu le temps de " savourer " ce pouvoir venu trop tôt à l'image de Rastignac et qui leur a échappé encore plus vite, tandis que pour le reste, ils voient leurs rêves partir en fumée chaque jour et donc ils finissent par ne plus croire en rien, surtout pas aux textes même si ce eux qui les ont adoptés.

Chacun se repliant dans son petit coin, dans son petit bled, dans son petit quartier, dans son petit village et enfin dans sa petite île, ils attendaient tous leur revanche. C'est cette lâcheté qui a poussé certains à devenir séparatistes.

Le séparatisme n'est donc rien d'autre que cette révolte des aigris qui, au lieu de chercher les raisons qui sont d'ailleurs universelles de la pauvreté, du sous développement et de l'oisiveté, ils ont préféré la facilité : " notre quartier, notre village, notre région, notre île est délaissée et mieux vaut que je l'éloigne des autres". Et comme s'il fallait vraiment pousser la comédie au drame, puisque les places dans le quartier, dans le village, dans la région et dans l'île sont presque pourvues, certains sans complexe, avec les mêmes idées, s'arrangent et par tous les moyens, pour occuper les places de l'organisation politique et administrative qu'ils sont censés détruire : l'Etat.

Et là, la comédie atteint son apogée : ils sont complètement perdus. Ils ne savent plus sur quel pied danser. Et si leurs désirs devenaient réalité ? Ils ne se rendent même pas compte qu'ils sont entrain de détruire leur raison même d'être.

Certains que l'on devrait normalement retrouver dans cette catégorie de lâches, sont pourtant absents. J'imagine que c'est parce qu'ils sont honnêtes et veulent garder leur fierté. C'est ainsi qu'à Mohéli, on semble oublier un certain Boina Issa, Mamadou Boina, Abdou Soimadou, Tayfa Hassanaly, Mattoir et beaucoup d'autres.

A Anjouan, docteur Ada, Ali Zaki, Houdhoaer Inzoudine, Moustakim Saïd Attoumane, Nidhoime Attoumane et tant d'autres encore, ont préféré se taire dans leur souffrance en imaginant la vie difficile que mènent leurs co-insulaires. Eux au moins, sont restés dignes.

J'ai pris ce risque de dénoncer ce séparatisme de c½ur et de faits car la patrie est en danger. Je suis conscient du mal que je suis entrain de faire à certains de mes compatriotes qui ne sont pas séparatistes mais font tout pour que ce mal du siècle s'installe dans nos îles et dans nos esprits, pourvu qu'ils soient en place.

Sinon, comment comprendre qu'il y a exactement quelques années certains ont occupé des postes politiques hautement importantes pour l'Etat, mais qu'aujourd'hui il faut leur expliquer mille fois qu'un Etat fort, un Etat avec ses partenaires immédiats et même lointains, est la seule garantie de notre survie ?

Comment comprendre qu'après avoir négocié et concédé tant de choses pour les îles qui sont "NOS" îles, et adopté une Constitution qui consolide la paix civile, l'harmonie de nos institutions et les libertés individuelles et collectives, d'aucuns continuent à faire ce que bon leur semble ? Dans ces conditions, acceptons qu'aucune Constitution au monde n'aurait résolu notre problème puisque nous avons menti et continuons à mentir.

J'ai pensé écrire cette tribune pour pousser les intellectuels comoriens à se positionner pour éviter d'autres drames à notre peuple.

Ne soyons pas aveugles. Certains sont entrain de régler leurs propres problèmes et non ceux du pays. Si nous tombons tous dans le désinteressement, dans l'inactif, dans l'indifférence, nous n'aurons pas accompli notre devoir d'être là où nous sommes aujourd'hui, d'être nés là où nous sommes nés, d'appartenir à une patrie. Non, nous n'avons pas le droit et nous devons dénoncer ces aventures.

J'en appelle à notre conscience collective. J'en appelle à notre tolérance historique. J'en appelle à notre sens élevé de responsabilités. Agissons avant que ça ne soit trop tard.Un moratoire politique nous permettrait de nous arrêter un moment car personne n'ignore ce qu'a été la vie des comoriens durant ce quart de siècle de prise en mains, par les enfants de ce pays, de leur propre destinée.

Bien des espaces nous ont offert l'occasion, de débattre, certes sans approfondissements, sur le bilan de la gestion de cette période de notre histoire contemporaine. De tels échanges sont nécessaires et devraient être encouragés. Ils permettraient de situer les responsabilités de chacun de nous : Etat, acteurs politiques, acteurs de la vie socio-économique ou citoyens tout court. Mais, l'histoire en marche de notre pays doit pouvoir s'interroger, en effet, sur le chemin emprunté depuis l'indépendance, les méthodes de gestion adoptées depuis, et les ajustements à opérer, aujourd'hui et demain, pour garantir le mieux être des citoyens.

C'est là une démarche d'autant plus indispensable que l'avenir déjà là, en ce monde de la globalisation, nous invite à plus de vigilance et exige, de notre part, une plus grande maîtrise du terrain de notre action. C'est la condition pour assurer à nos efforts communs un maximum de succès.

Mais sans qu'il soit besoin d'attendre ce jugement de l'histoire et des historiens, le présent nous interpelle d'urgence, à positionner notre démarche au regard des évolutions récentes qui, à l'extérieur du pays ont conduit à la fin de la guerre froide, aux événements du 11 septembre aux Etats-Unis, et à l'intérieur du pays, à la mise en place d'un nouveau cadre institutionnel. Le monde d'aujourd'hui ne s'intéresse guerre aux canards boiteux. L'espoir du Comorien d'en bas n'était autre que de voir enfin les Comores, son pays et sa patrie, se lever sur un jour nouveau où la pauvreté aura accepté de tomber enfin le masque et de se laisser contempler dans toute la plénitude de ses dimensions.

Voilà désigné le mal qui est le nôtre. La pauvreté ! C'est le mal que désignait le citoyen révolté. C'est aussi le crime que nous tous désignions. C'est le malheur que nous tous déplorions. Elle touche à tous les domaines de notre pays. Elle est d'abord dans nos conceptions des réalités ; elle est ensuite présente dans l'organisation de nos structures ; elle pèse enfin, de tout son poids, sur les méthodes de notre action. Elle est donc structurelle, politique, économique et sociale.

Au sommet de la plus haute de nos hiérarchies et jusque dans les fins fonds de la plus petite unité de notre base sociale, elle nous tient prisonniers de ses fermes étrennes.

Alors, nous devons la combattre avec toutes nos forces, l'éradiquer, maintenant que nous l'avons tous ensemble identifiée comme le mal profond qui nous ronge et qui a en vain tenté d'hypothéquer notre avenir commun et nos valeurs nationales. Ne nous perdons surtout pas d'objectifs.

Nous gagnerons ce combat, tous ensemble, j'en suis convaincu, car il y va de l'avenir de chacun de nous et de chacun de nos enfants.

Cependant, les Comores et ses dirigeants doivent cesser de se comporter comme un monde et des hommes à part, un pays déconnecté du réel qui, autour de lui, bouge et se métamorphose à chaque seconde ; des hommes aventuriers et aigris. C'est à cette condition que nous aurons les Comores qu'il nous faut. C'est-à-dire les Comores d'un monde en marche, dans une planète en marche vers un troisième millénaire qui s'ouvre résolument devant nous et pose ses premiers pas.

Pour cela, nous avons l'obligation de nous ressaisir déjà depuis cette année charnière de 2005. Nous avons l'obligation d'obtenir de nos partenaires, tout leur concours. Mais nous savons tous que cela passe nécessairement par la prise de mesures économiques et financières difficiles mais elles sont les seules à pouvoir nous autoriser à espérer encore. Il faudra transformer de fond en comble nos mentalités d'assister et vouloir quelque chose et son contraire et surtout, cessons de mentir car nous nous discréditions. Quel est ce pays, encore moins cette île qui, seule dans un monde complètement dérangé, peut prétendre s'en sortir sans le concours de tous les pays du monde ? Nous ne pouvons plus continuer à gérer notre pays comme une épicerie. Notre pays a besoin d'investissements pour réaliser son programme de lutte contre la pauvreté.

Voilà pourquoi, modestement, je demande à tout le monde de prendre ses responsabilités au lieu de se voiler la face. J'espère que personne se sentira visée. Je sais que nous pensons tous la même chose, soyons donc courageux.


Hamada Madi BOLERO
Ancien Premier ministre

# Posté le mardi 03 novembre 2009 03:57

Lettre à Obama, Nobel de la Paix 2009

Lettre à Obama, Nobel de la Paix 2009
Barack Hussein Obama II, président des États-Unis d'Amérique, Nobel de la Paix 2009

Permettez-moi d'abord Monsieur le président de vous adresser mes sincères félicitations pour votre désignation comme Nobel de la Paix 2009. Ce Nobel récompense Votre engagement en faveur de la paix, des nations opprimées et des droits de l'homme. Comme l'a si bien dit le président français Nicolas Sarkozy : "Il confortera votre détermination à agir pour la justice, pour la paix et pour préserver les grands équilibres de notre planète.»

Monsieur le président, dans quelques jours, le 12 novembre 09, les Comores célébreront le 33ème anniversaire de son admission aux nations unies. En effet l'Assemblée générale, par un vote quasi unanime sur sa résolution 3385 (XXX) avait décidé non seulement d'admettre les Comores aux Nations Unies, mais aussi de réaffirmer la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composé des îles d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli.

J'ai été émerveillée par l'intervention de M. SHERER (représentant des Etats unis) ce mercredi 12 novembre 1976, lorsqu'il déclare : « Les Etats-unis ont été heureux de voter au conseil de sécurité en faveur de l'admission des Comores à l'Organisation des nations Unies. En ma qualité de représentant du pays hôte, je souhaite au peuple de ces îles, dont la richesse et la diversité culturelle découlent de leur situation géographique au carrefour de l'océan indien, la bienvenue la plus sincère et nos v½ux les meilleurs au moment où ce nouveau pays assume pleinement ses devoirs et ses responsabilités en qualité d'Etat Membre de l'O.N.U »

Malgré une vingtaine de résolutions onusiennes demandant à la France le respect des frontières issues de la colonisation, jugeant irrégulier le décompte île par île du référendum du 22 décembre 1974, cette dernière fait la sourde oreille, méprisant ainsi le droit international.

Et pourtant les déclarations des autorités françaises ne laissaient aucun doute quant à l'importance du caractère d'ensemble du référendum pour l'indépendance des Comores :

Le ministre des territoires d'outre-mer de France dans une publication d'Eurafrique déclarait : « Pourquoi un referendum d'ensemble, et non pas une consultation séparée pour chacune des îles ? Parce que la vocation de la France n'est pas de diviser le pays qui accède à l'indépendance. C'est le cas des Comores dont les habitants ont la même langue, la même religion, les mêmes intérêts politiques et économiques. Loin de vouloir briser l'intégrité territoriale, notre rôle est d'aider les efforts du peuple comorien vers un rapprochement »

De son côté Valery Giscard d'Estaing, alors président de la république française déclarait dans sa première réunion de presse le 24 octobre 1974, parlant des Comores : « C'est une population qui est homogène, dans laquelle il n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine française, ou un peuplement très limité. Est-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'archipel devienne indépendante et qu'une île, quelle que soit la sympathie qu'on puisse éprouver pour ses habitants, conserve un statut différent ?

Je crois qu'il faut accepter les réalités contemporaines. Les Comores sont une unité ; il est naturel que leur sort soit commun ».

Le 22 décembre 1974, à la question « Souhaiteriez-vous que le territoire des Comores devienne indépendant ? » Les comoriens ont répondu (globalement comme partout ailleurs) à 94,5% oui, nous souhaitons que le territoire des Comores (composé alors de Mayotte, Anjouan, Mohéli et grande-Comore) devienne indépendant.

A partir de cet instant les ennuis des Comores commencent. La France va troubler le jeu.
Contrairement à la charte de décolonisation des Nations Unies, et aux déclarations ci-dessus, la France procéda à un décompte île par île et non global afin de garder Mayotte qui avait majoritairement voté contre l'indépendance. (8783 mahorais sur une population de 286762 habitants avaient voté non.) Une décision contraire au droit international.

D'ailleurs une note confidentielle rédigée par Louis de Guiringaud, alors ambassadeur de France auprès des Nations Unies, qui l'avait délivrée, sur leur demande aux parlementaires français désireux d'en savoir plus sur la situation entre la France et les Comores, s'y prononce ouvertement contre le fait de conserver Mayotte en raison des graves conséquences qu'il augure pour la France sur le plan international. Et de se demander : « Faut-il pour autant aller au nom de cette différence de la volonté de 8783 sur 17946 Mahorais, jusqu'à compromettre durablement la position internationale de la France ? » ou « Nous devons éviter le ridicule d'être traînés devant le Conseil de sécurité pour une affaire de deux mille voix assez mal déterminées ». Je n'invente rien monsieur le président.

Pour avoir la conscience tranquille, la France n'hésite pas à parler de la volonté des mahorais à rester français, comme si on peut distinguer la volonté de la Pennsylvanie ou de la Floride lors d'une consultation américaine. En tout cas je ne veux pas m'étendre sur ce point, étant donné que les Nations Unies n'accepterons jamais la thèse que les difficultés constitutionnelles ou les contraintes nationales d'un genre ou de l'autre de l'un des Etats membres puissent avoir pour effet de renverser les décisions des Nations Unies, sinon l'Iran ne serait jamais condamné pour ses activités nucléaires. Il suffirait qu'il brandisse la volonté du peuple iranien à posséder la bombe atomique.

La communauté internationale ne peut être l'otage des problèmes intérieurs d'un Etat. La France doit respecter les résolutions onusiennes c'est tout. La question des Comores a déjà été discutée dans divers organes des Nations Unies au cours des années. Chaque fois, et dans tous les organes en question, les Nations unies ont réaffirmé l'intégrité territoriale des quatre îles.

Malgré une vingtaine de résolutions onusiennes demandant à la France le respect des frontières issues de la colonisation, jugeant irrégulier le décompte île par île du référendum de 1974, cette dernière fait la sourde oreille, méprisant ainsi le droit international.


Le 29 mars 2009, le président Sarkozy a décidé de consulter illégalement les électeurs de Mayotte y compris donc les fonctionnaires et militaires métropolitains temporairement affectés à Mayotte pour départementaliser Mayotte. Là aussi les résolutions onusiennes sont claires et ne souffrent d'aucune ambiguité : « Les résolutions onusiennes condamnent les référendums du 8 février et du 11 avril 1976 organisés dans l'île comorienne de Mayotte par le Gouvernement français et les considèrent comme nuls et non avenus, et rejettent toute autre forme de référendums ou consultations qui pourraient être organisés ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France. ». Certains médias français se demandent pourquoi le prix Nobel de la paix n'est pas plutôt attribué au président français Nicolas Sarkozy.

Monsieur le président, la France a instauré à Mayotte en 1994, contre le droit international, le tristement célèbre « visa Balladur » qui a provoqué plus de 7000 morts sur 7000 000 habitants dans le bras de mer Mayotte-Anjouan. Proportionnellement à la population américaine cela correspond à plus de 3 millions de morts américains, sous le silence complice de la communauté internationale. Le déséquilibre économique artificiellement crée, la départementalisation internationalement illégale de Mayotte, le renforcement des moyens militaires (hélicoptère, drones) vont sûrement exploser ce chiffre macabre. On prendra des risques suicidaires, comme s'embarquer dans une coque d'arachide pour traverser la mer dans l'espoir d'une vie meilleure.

Monsieur le président, je ne me sens pas étrangère à Mayotte. Je suis chez moi et le droit me donne raison. Je suis une fausse clandestine qui ne coûte pas chère à l'Etat français et facilement déportable. Mes attaches familiales sont à Mayotte. Malgré les risques encourus je reviendrai à chaque que je serais expulsée. Cette année je suis au quatrième voyage. Et à chaque fois la même question : arriverai-je ?

Je reste en outre convaincue que la présence de la France à Mayotte est un frein au développement économique des Comores. Les Comores sont déstabilisées et appauvries à partir de Mayotte. La France se sachant illégale à Mayotte, veut montrer à l'opinion internationale l'incapacité des Comores à se gérer. Vous savez monsieur le président pour rester à Mayotte en toute tranquillité il suffit de commettre un crime dans les trois autres îles. Ma conscience ne me permet d'aller jusqu'à là. Je préfère laisser ma vie dans ce grand cimetière marin du monde comme ma voisine qui a perdu sa vie suite à la collision entre une vedette de la police française et un kwassa (embarcation de fortune) dans la nuit 3 au 4 décembre 2007.

Croyez-moi monsieur le président si le financier Bernard Madoff était comorien il aurait échappé à la prison en se rendant illégalement à Mayotte. Le « viol » des Comores correspond à un titre de séjour à Mayotte.

Monsieur le président si je fais appel à vous, c'est parce que les dirigeants comoriens ne se préoccupent pas du sort des comoriens de Mayotte. Ils jouent plutôt le jeu de la France. Et pourtant il suffit de refuser d'accueillir les comoriens expulsés injustement de Mayotte pour amener la France à des négociations sereines avec les Comores, comme le demande les résolutions onusiennes.

La gravité de la situation à Mayotte appelle rapidement une intervention de votre part pour faire respecter le droit du peuple comorien et arrêter cette hécatombe.

Espérant sincèrement que vous entendrez ce cri, je vous assure, Monsieur le Président, de mes plus respectueuses salutations

BARAKA INZOUDDINE
(membre de l'équipe wongo)
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# Posté le lundi 02 novembre 2009 11:59

Comores et bien plus encore

Comores et bien plus encore
Salim Tourqui, Président de la Fédération comorienne de football.

Depuis leur adhésion à la FIFA en 2005, les Comores progressent à pas de géant. Privée d'infrastructures il y a quatre ans, la Fédération Comorienne de Football a avancé au point de s'être mise aux NTIC avec la mise en place à l'été 2009 d'un système informatique d'enregistrement des joueurs. Malgré les difficultés économiques que traverse le pays, le football comorien parvient à se développer et à offrir aux jeunes des Comores un terrain d'expression essentiel.

Deux images viennent à l'esprit lorsqu'on parle du football aux Comores. La première ressemble à une carte postale : un match de football sur un terrain en bord de mer. La deuxième un peu moins : un terrain artificiel flambant neuf, qui semble venu d'ailleurs. Mais la réalité de la carte postale est que les joueurs doivent composer avec un terrain inégal, des pierres, beaucoup de terre, de boue, peu d'herbe. La deuxième image vient corriger cette situation, offrant aux footballeurs comoriens un terrain propice à la pratique et au développement du jeu. Un changement de décor rendu possible par les efforts de développement entrepris par la Fédération Comorienne de Football.

Bien sûr, à écouter Salim Tourqui, président de la FCF, tout reste à faire. "Il faut continuer à améliorer les terrains, les conditions du football comorien, il faut donner aux talents des Comores la possibilité de s'exprimer", s'exclame un président élu il y a dix ans déjà. "Et nous sommes particulièrement attentifs et enthousiastes quant à l'ouverture de notre future académie".

If you do, FIFA does

Pourtant, que de chemin a été parcouru depuis l'entrée des Comores à la FIFA en 2005 ! Depuis quatre ans, les Comores multiplient les initiatives et bénéficient pour cela de l'aide de la FIFA, symbolisant on ne peut mieux l'expression "if you do, FIFA does" qui caractérise la philosophie du développement de la FIFA. Ainsi, la FCF est désormais dotée d'un siège administratif opérationnel, d'un centre technique national, d'un terrain artificiel avec tribunes aux normes internationales, de bureaux dans chacune des îles pour gérer les ligues locales, et de plusieurs terrains réhabilités pour les besoins du championnat de première division. La FIFA a également fourni plus de 120 000 USD d'équipements, et adidas fournit régulièrement des ballons au travers du programme adidas Goal balls.

"Aujourd'hui, nous sommes la seule fédération sportive à être aussi bien structurée dans le pays et ça fait une différence énorme", confie le président Tourqui. En 2009, cette structuration modèle a fait un grand pas en avant : au travers du programme Gagner en Afrique avec l'Afrique, l'implémentation d'un système d'enregistrement informatique des joueurs dans une base de données avec production de licences individuelles.

" On est aidé par la FIFA, mais aussi la coopération française et d'autres acteurs étrangers, parce que le football est un excellent canalisateur pour la jeunesse comorienne " signé par Salim Tourqui, président de la Fédération comorienne de football.

Derrière ce jargon se cache un progrès crucial. Car une licence individuelle, obligatoire pour tous les joueurs et dirigeants de la première division comorienne et remise sur présentation d'une pièce d'identité, n'est pas qu'un simple carré de plastique. "C'est un instrument essentiel pour une gestion professionnelle du championnat comorien", estime Mshangama Monaward, chargé de l'administration de ce système pour la FCF. "Jusqu'à maintenant, toutes les équipes pouvaient présenter n'importe quel joueur, personne ne pouvait vérifier s'il faisait partie du club ou non. Désormais, avec les licences qu'on ne peut falsifier, les arbitres peuvent refuser les joueurs non inscrits".

Plus de 700 joueurs de première division ont déjà reçu leur licence, en attendant d'étendre le programme aux divisions inférieures. Pour cette première année de mise en place, la licence est fournie gratuitement par la fédération, "pour que les joueurs adoptent le système" explique Msahazi Soilihi, administrateur de la FCF. "Mais l'an prochain, la licence sera payante et on peut également imaginer un contrat de sponsoring sur la carte, ce qui en fera une double source de revenus pour la fédération".

De quoi intensifier les efforts de développement du football aux Comores, jusque-là très largement dépendants des contributions de la FIFA. Une aide qui ne sert pas qu'au football : "Ici, on n'a pas grand-chose et on a besoin de toute l'aide qu'on peut trouver. On est aidé par la FIFA, mais aussi la coopération française et d'autres acteurs étrangers, parce que le football est un excellent canalisateur pour la jeunesse comorienne, qui doit éviter le piège de la délinquance, vu les conditions de vie", analyse Tourqui.

Progresser dans la hiérarchie mondiale


L'ensemble de la FCF pourrait désormais se retourner et contempler fièrement ce qui a déjà été achevé : développement sans précédent des infrastructures, restructuration et rationalisation des championnats locaux, mobilisation de financements pérennes, fondation des conditions nécessaires pour un accroissement des revenus, le tout couronné par la tenue du tout premier match officiel international de la sélection comorienne contre l'équipe nationale de Madagascar, le 17 novembre 2007, comptant pour les qualifications à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud.

Mais aux Comores, l'autocongratulation n'est pas de mise. Au contraire, on attend les nouveaux défis : développement du football de jeunes, projet grassroots, amélioration continue des infrastructures, et bien sûr, multiplier les rencontres internationales.

"Ce match face à Madagascar, disputé sur ce terrain artificiel splendide, avec une organisation digne d'un match international, et notre siège administratif, notre centre technique, notre système de licences... Tout ça montre que les Comores ont leur place dans le football mondial. A nous maintenant de continuer ce travail et de grimper au classement de la FIFA !", lance le Président Tourqui, dans les starting-blocks...

FIFA
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# Posté le lundi 02 novembre 2009 10:10