La Communauté internationale et les Comores

La Communauté internationale et les Comores
La Communauté internationale est présente aux Comores avant même l'accession de l'archipel à l'indépendance en 1975.Sitôt après l'adhésion du pays au concert des Nations et après que la France ait coupé les vivres, le gouvernement comorien s'est dirigé vers la Chine pour lancer son développement socio - économique. Cet élan sera contrecarré par une autre partie de la Communauté internationale, en l'occurrence, l'Europe. Mais laquelle ? Celle des mercenaires de Bob Denard, des réseaux Foccard, des coups d'Etat militaires, des partis uniques, ....Aujourd'hui, l'action extérieure de l'Europe cherche encore ses marques dans sa relation avec les Comores. Même si certains de ses Etats membres cherchent à entretenir avec ce pays des relations privilégiées qui aboutissent à un trop plein et à des résultats contre-productifs qui portent atteinte à l'image de l'Europe et à son influence en Afrique et dans la zone de l'Océan Indien convoitée par d'autres puissances.

L'Union Européenne et l'Union des Comores entretiennent des relations qui se vivent à travers les relations bilatérales que la France cultive avec son ancienne colonie mais aussi par le biais des accords de coopération au développement dont l'Accord de Partenariat de Cotonou.L'Europe est aussi présente aux Comores à travers les Organisations régionales, dont les Comores sont membres , notamment l'Union Africaine et la COI.

L'échec des politiques de développement depuis l'indépendance a conduit l'Union Européenne à proposer cette démarche d'intégration comme outil de progrès économique mais aussi de prévention des conflits. Or, la mise en chantier d'interdépendances économiques transnationales n'a jamais porté ses fruits aux Comores. Ici, on peut dire tout simplement que l'échec est dû du fait que l'Europe avance les yeux fermés car c'est la France qui dispose à elle seule le baromètre du développement de ce pays en tenant les autres partenaires – européens, asiatiques, africains et arabes- qui veulent aider le pays à sortir du sous développement. Le conflit opposant la France à l'Etat comorien au sujet de la question de Mayotte en est pour quelque chose. Les conflits internes qui menacent de temps à temps l'unité du pays sont aussi pour quelque chose .Les embargos à Mohéli ou le séparatisme à Anjouan, le conflit comoro bétsirébaka à Madagascar, le conflit Sambi-Mohamed Bacar sont tous aussi pour quelque chose.

Où passe donc l'aide de l'Union Européenne? L'institution se refuse de financer l'Université des Comores, première infrastructure de développement d'un pays .Elle ne s'intéresse pas à l'entretien et à la rénovation des principaux hôpitaux du pays fermant les yeux pour les gens qui périssent entre Mayotte et Anjouan dans leurs aventures à la recherche de la santé à Mayotte.

L'argent des contribuables européens est orienté ailleurs. La bonne gouvernance. Mais la quelle ?Il ne s'agit pas de renforcer les capacités de la justice comorienne et encore moins du ministère des Finances .Il s'agit plutôt de financer des élections à travers le financement des observateurs de l'Union africaine pour des processus électoraux dont les résultats sont connus d'avance. Le référendum sur les réformes constitutionnelles aux Comores visant à mettre dans les placards les Accords de Fomboni et la Constitution de 2001, deux outils qui ont ramené une stabilité relative dans le pays est applaudi par l'Union Européenne représentée aux Comores par la France.

Et si c'était un marché donnant- donnant, gagnant-gagnant ?Après tout, dans un pays sans budget depuis un an et sans parlement, la France appuie cette bonne gouvernance dans les Institutions de Breton Woods,permettant au pays d'encaisser 23 millions de dollars américains. Mais à vrai dire tout le monde aura gagné car Mayotte est désormais aux oubliettes, grâce à la diplomatie de Sambi Ahmed Abdallah.

L'Union hésite encore à financer les législatives de décembre 2009 malgré la pression de la France. Aucune garantie de transparence dans ce processus selon l'Europe. Mais du côté de Paris, tout va bien tant que Sambi ne dépasse pas 2011, date de la départementalisation officielle de Mayotte. Après cette date, Sambi sera dans les oubliettes car il aura fini d'accomplir une sale mission que ses prédécesseurs n'ont jamais accepté d'en assumer. Dans cette dynamique troublante, le Représentant Résidant du PNUD aux Comores est devenu le porte parole de l'Union Européenne et de la France et, a apparemment à trois mois de la fin du mandat de Sambi, réussi à faire en sorte que personne ne peut parler de la tournante.La Communauté internationale est d'un grand secours pour cet archipel en voie de balkanisation.

Jean Claude Marcel

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# Posté le samedi 07 novembre 2009 03:44

Modifié le samedi 07 novembre 2009 04:00

Pourquoi , notre plus grand ''sauveur a-t-il échoué ?

Pourquoi , notre plus grand  ‘’sauveur a-t-il échoué ?

Harcelé médiatiquement, le président de la République n'entend pas jeter l'éponge. Il persiste et signe, '' le 17 mai 2009, le peuple a adopté une Constitution qui rallonge mon mandat de quatre à cinq ans, une thèse confirmée par son directeur de Cabinet et numéro deux du pouvoir. Et à une période où les avis divergent quant à cette volonté délibérée du président Sambi visant à prolonger son mandat à moins de six mois de la fin, il est quasi normal qu'on se demande pourquoi celui qui prétendait ''incarner'' l'espoir de tout un peuple joue les prolongations et pousse Moheli à la rébellion. C'est une démarche à haut risque qui nous impose tous la lucidité et la vigilance. C'est une alerte précoce et une prévention car l'avenir semble incertain.

On se rappelle qu'à la veille de sa victoire écrasante, Sambi déclarait :'' quatre ans, c'est beaucoup pour un président qui sera élu sous la base d'un programme prometteur. Tel est mon cas. Par contre, c'est beaucoup pour un président '' nul'' qui n'a rien à proposer à son peuple pour le sortir de son marasme économique''. Et cerise sur le gâteau, à la question sur la modification de la Constitution, le président, déclare, je cite : '' je jure sur le Coran et la main sur la poitrine que je ne verserai aucune énergie pour changer une Constitution qui nous garantit la paix et la stabilité''.Fin de citation

A la question de savoir pourquoi le '' sauveur'' a-t-il échoué, c'est l'énigme total. Ayant compris que le peuple comorien aspire au changement après plus de 35 ans d'indépendance , Sambi qui, à travers ses prêches a étudié la nature du Comorien, a réussi à trouver une nouvelle recette pour convaincre les électeurs à le porter à la tête du pays. Et cette recette est composée de la religion et du populisme. Sambi s'est comporté en champion de fabricant de chimères. Mais avions-nous vraiment le choix ?

A son arrivée au pouvoir, Sambi s'est forgé une idée selon laquelle les autres sont à ses yeux, des ratés, des hommes sans foi, des ennemis de la nation, des arrivistes, des malfaiteurs, des voleurs, des incompétents et des égoïstes d'où une haine qui s'est affichée partout à l'égard de ces ''ennemis'' de la nation .Dans un élan populiste bien soigné avec la complicité d'une justice à deux vitesses, Sambi a giflé la classe politique. Malheureusement, la déception n'a pas tardé .

Le président Sambi a réussi un autre coup en déclarant qu'il prendra rarement l'avion et enverra ses ministres au compte goutte des rendez vous internationaux importants. Encore de la poudre aux yeux. Il dispose aujourd'hui d'un permis de pilote.Rentré de son premier voyage officiel, Sambi annonce la restitution à la trésorerie publique du reste de ses perdiems pour prouver son honnêteté. Un point de plus pour le Raïs qui manie ses talents populistes pour tromper la vigilance de tout un peuple.C'est autour de ces deux millions de dollars offerts au Raïs par le Roi d'Arabie Saoudite destinés au projet Habitat que nous nous interrogeons tous aujourd'hui. Où sont –ils passés ? Ceux qui ont voté Sambi dans cet élan, se voyaient déjà installer dans ces maisons fantômes qui ne verront jamais le jour, à moins qu'on accorde au président un an de rallonge.

Plus le temps passe, plus les fonctionnaires, ennemis jurés du président accusent des mois d'arriérés de salaire sans aucune force de défense. Mais dans tout ça, les rêves du Raïs envahissent les places publiques et surtout avec ces belles photos qui embellissent la capitale et ces complexes hôteliers qui poussent comme de champignons sur le territoire national à l'instar de Janat El Kamar, au nord de la Grande Comore. Que des rêves ! La démolition de l'hôtel Galawa n'est que la face cachée du bâtisseur.

Le moment fort de ces rêves sans lendemain est le projet de loi sur la'' Citoyenneté économique''. Pressé de réaliser son rêve, le président a promulgué cette loi sous un faux numéro. Avec plus de 200 millions de dollars pour cette noble transaction, le président n'a trouvé mieux que de créer une société fantôme ,écran et fictive de travaux publics avec ses amis arabes, une manière de justifier l'utilisation des fonds.

A cela s'ajoute la volonté du président et sa détermination au mépris du peuple comorien de '' louer'' Mayotte à la France et d'accepter en même temps de recevoir sur son île à Anjouan, les Comoriens expulsés de Mayotte.

Dans son chantier dont il est le seul architecte, maître d'½uvre, maçon, ouvrier, Sambi fait et défait une Cour Constitutionnelle qui ne fait qu'obéir aux injonctions du Roi avec la bénédiction du palais.

Convaincu que ni les rêves, ni l'acharnement, ni les effets populistes ne peuvent durer ou générer les fruits de la politique générale politicienne d'un chef d'Etat élu confortablement, le président Sambi a fini par croire en l'existence du '' Droit'' pour s'accrocher au pouvoir, mais de quel '' Droit'' ? A vos claviers, messieurs les juristes.

A homme paradoxal, bilan paradoxal
. Projet habitat, investisseurs étrangers, justice, argent, chiisme, citoyenneté économique, location de Mayotte à la France... Chaque fois qu'il a pu, le président Sambi a joué sur l'ambiguïté. Et qui donc peut prétendre qu'il fut tout à fait prophète ou tout à fait incube ? Il est attrapé par son propre jugement. Il restera donc le reflet de nos contradictions.

Pour toutes ces raisons, l'homme auquel ces milliers de Comoriens qui ont envahi le stade Ajao avec l'espoir du changement a échoué et, il faut en tirer les conséquences, ne serait ce que pour permettre à ce monde de vivre dans la paix et la stabilité, à défaut de la révolution verte. Et si ces législatives lui offrent une porte de sortie honorable au lieu d'engager un bras de fer sans lendemain ? La réponse est dans les mains de la Communauté Internationale, actrice principale de l'Accord Cadre Cadre de Fomboni.

Sambi a raté une occasion pour se faire inscrire dans l'histoire politique contemporaine, à l'instar de , Frantz Fanon, Nelson Mandela,Martin Luther King, Mahatma Ghandi.

Ali Mohamed TABIBOU

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# Posté le vendredi 06 novembre 2009 14:13

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 14:24

PELERINAGE 2009. Pas d'avion ni plan de vol pour nos pelerins.

PELERINAGE 2009. Pas d'avion ni plan de vol pour nos pelerins.
La mission d'organisation du pèlerinage confiée à NAS GLOB par le ministère de la Justice chargé des Affaires islamiques a finalement été un véritable fiasco."La Commission nationale a, lamentablement, échoué ",nous confiait hier soir le président du syndicat national des agences de voyage(SNAV),entourés d'un groupe de représentants d'agences ,qui déplorent 'l'attitude irresponsable " des autorités en charge du dossier.

Le ministre ABDOUROIHMAN IBRAHIM était toujours injoignable ,et aucun représentant des agences n'avait réussi à le rencontrer malgré les nombreuses tentatives de convoquer une réunion de crise afin de trouver une solution.Jusqu'à jeudi soir, le gouvernement qui avait pourtant assuré ,à travers les médias publics,qu'un premier contingent partirait ce vendredi 6 novembre,n'a communiqué ni le nom de l'avion,ni son plan de vol.

Pire encore,le ministre des affaires islamiques aurait fait pression sur le directeur de YEMENIA ,arrivé spécialement à MORONI à la demande du SNAV,pour qu'il renonce à toute opération de transport des pèlerins comoriens ,alors que les agences regroupées au sein du SNAV avaient déjà obtenu in extremis auprès de cette compagnie un accord de principe pour le transport de leur 460 clients inscrits dont les vols seraient programmés entre le 10 et 12 novembre prochain.

Or sans confirmation de cet accord de la dernière chance,c'est toute l'opération de pèlerinage qui sera définitivement compromise ,sachant que les aéroports saoudiens fermeront vers le 15 novembre et que la délégation saoudienne chargée de la délivrance des visas s'en va aujourd'hui sans avoir accompli sa mission.Il appartient à présent au chef de l'État d'en tirer les conséquences de cette gestion hasardeuse et opaque de l'édition 2009 du 5émé pilier de l'islam dont seront hélas privés les quelques 600 candidats du contingent comorien.Une première dans le pays ,le ministre ABDOUROIHMAN a-t-il encore sa place au gouvernement après une telle compétence?

La Gazette

# Posté le vendredi 06 novembre 2009 03:31

Pas de stabilité sans la tournante de MOHELI.

Pas de stabilité sans la tournante de MOHELI.
L'alternance démocratique en mai 2010 est irreversible".Cette déclaration est de SAID LARIFOU le leader du parti RIDJA,lors d'une conférence de presse qu'il a tenu hier matin au siège de son parti.Cette rencontre avec la presse fut l'occasion ,pour ce parti d'opposition de s'exprimer par rapport aux législatives en cours et les prochanes élections presidentielles.Cette formation politique a affiché sa détermination à defendre fermement le respect de la constitution."Tant que MOHELI n'aura pas exercé sa présidence tournente conformement à l'accord cadre de FOMBONI ,il n'y aura pas de stabilité dans ce pays.",a estimé SAID LARIFOU.

Cette initiative dont il avait dèjà évoquée la finalitée ,il y a quelques jours aux même endroit,consitera à recueillir par pétition des milliers de centaines de signatures favorables à ce changement de régime l'année prochaine.Certaines personnes ont déjà apposéé leur signature sur ce document .Nous tablons su 200 000 signatures ,a-t-il avancé le leader du ridja said larifou.Une autre opération sra lancée paralllèlement .Des bulletins de vote imprimé par les soins du parti seront distribués dans les viles et villages de l'archipel et les personnes interéssées auront à choisir par "oui" ou "non",si elle s'accceptent l'alternance de mai 2010.

Concernant les législatives en cours le leader du RIDJA a déclaré la presence de certains candidats de son parti dans cette course vers le palais du peuple.Le RIDJA aura des candidats dans certaines régions et dans d'autres nous soutiendront des candidats de l'opposition dans ce combat.Le capitaine du parti RIDJA s'est également exprimé sur d'autres sujets d'actualités notemment le mouvement de grêve des pêcheurs dont son parti s'est déclaré solidaire .Mais également sur la société albalad qui a annoncé son intention de proceder à des relevés nominatifs et informatisés des comoriens.

C'est pour quel objectif?Où ont-ils obtenu l'autorisation pour cela?En tout cas,nous ne telererons pas de tels actes a déclaré M.LARIFOU..Abondant dans le même sens ,il a exprimé ses doutes par rapport aux finacements du journal ALBALAD ,ce quotidien du groupe golf comoro holding distribué gratuitement dans l'archipel de puis plus d'un ansIls veulent tuer la presse locale.Cela doit interpeller nos juges ,il y a une necessité de mener une enquête pour savoir comment ils arrivent à tenir leurs engagements auprès de leur partenaires ,juge LARIFOU.

Cet avocat s'est aussi interrogé sur les fonds dits de "citoyenneté économique".Nous voulons savoir l"identité de cespersonnes qui obtiennent nos passeports .Qui collectent les fonds et où ils sont versés ?Au trèsor public?Car en dehors de ce circuit ,nous pouvons parler de détournement de derniers publics,a enchainé l'avocat SAID LARIFOU.Une série de questions qui restent sans réponses et dont le parti RIDJA s'est engagé à les presenter devant les juges pour qu'ils tranchent.

La Gazette

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 07:59

La lettre des Watwaniya de Magudju

 La lettre des Watwaniya de Magudju

Il y a plusieurs jours de cela, l'ambassadeur de France à Moroni faisait une tournée dans les quartiers de la capitale. Invité par ses amis comoriens, dont « Kiki » (Direction de la Douane nationale/ France Comores Echange) et Moussa Said (Historien), il est officiellement parti visiter les foyers culturels de Badjanani/ CCLB, Mtsangani/ CASM et Magudju/ BARGUM.

Les détracteurs du fameux Kiki, dont le travail actuel consiste à défendre les intérêts français en terre comorienne, ont prétendu à la suite de cette visite qu'il s'agissait d'une man½uvre pour booster sa présence aux prochaines élections, législatives. Se montrer aux côtés des autorités françaises serait une manière pour lui de donner une visibilité à d'éventuels appuis, qui se terrent d'habitude dans l'ombre. Vrai ou faux ? Simple bla bla de détracteur ou réalité qui ne dit pas encore son nom ? Kiki de la République, comme il se fait appeler, serait le dernier joker qu'utilisent les Français à Moroni, avec le Mahmoud patron de la CBE, et quelques autres personnalités moins intrigantes certes, mais toutes aussi troubles dans leurs comportements publics. A se demander s'ils ne confondent pas leurs intérêts avec ceux d'une nation sous contrôle...

Il est probablement temps pour les électeurs de commencer à se poser certaines questions sur ce plan. Nous autres, du Collectif Komornet, qui n'avons pas la science infuse ni l'analyse trop claire, nous nous interrogeons, à priori, et sans vraiment savoir pourquoi, sur ce qui se profile derrière les cancans de la politique comorienne vus depuis Moroni. Sommes-nous en train de jouer à cache-cache avec la France de Sarkosy sous les tropiques au point d'oublier qui nous sommes et pourquoi nous en sommes là ? Que souhaite l'ambassadeur Luc Hallade dans son approche du milieu associatif et culturel comorien à Moroni ? Serait-il en train de distribuer quelques visas aux leaders d'opinion en signe d'amitié pour préparer les minorités de blocage demain contre Sambi ou contre les Mohéliens à l'assemblée ? On ne sait jamais où se niche le fond du c½ur dans la relation coloniale à tête banalisée...

Ce qui est sûr, c'est que les Watwaniya de Magudju se sont fendus d'un texte, à l'intention de l'ambassadeur de France en visite, l'interrogeant sur ce qui l'amène dans nos quartiers. Ce texte, dont nous vous rapportons ci-dessous le contenu exact, est en diffusion sur la place publique depuis cette visite. Il commence ainsi :


A Monsieur l'Ambassadeur de France à Moroni

La France, et son action aux Comores, sont l'objet d'une interrogation permanente sur nos places publiques. Nous sommes, nous, citoyens de ce pays, conscients du rapport complexe entretenu par nos dirigeants avec ce qui passe pour être l'ancienne puissance coloniale, bien que nos pas soient encore inscrits dans un processus de décolonisation ratée. Notre regard accroche bien souvent sur la même question, celle de Mayotte la séparatiste, sans que n'éclatent les non-dits de la relation sous domination.

Connaissant cela, et bien d'autres choses, il était nécessaire de saluer la venue du représentant de cette France dans notre quartier par un sentiment de réserve. Que veut-il ? Que souhaite-t-il raconter à la jeunesse de cette ville ? La tradition d'hospitalité du Comorien oblige à s'incliner, et nous n'avons pas de ranc½ur à exprimer à son égard. Nous nous demandons simplement le pourquoi de ce déplacement à Magudju. Souhaite-t-il nous aider ? A quoi, et à quelles fins ?

Le malheur d'un pays pauvre est de toujours quémander sans trop s'inquiéter de ce qui est donné par la main qui nous sourit. Il nous semble nécessaire de dire à Monsieur l'ambassadeur de France à Moroni que sa présence parmi nous suscite un débat pour le moins intéressant : vient-il en ami ou en ennemi ? De le dire n'empêche pas de bien le recevoir, et nous le faisons en respect de la mémoire des nombreuses victimes du néocolonialisme en ces îles.

Les Comores sont ce pays pauvre sans cesse mis en déroute à cause du maintien de la présence française à Mayotte, et nous ne l'oublions pas. Mais voilà que nous sommes sommés d'applaudir la présence de cette même France dans nos quartiers. Nous demandons à ceux, qui, parmi nous, ont cherché à ce que que Monsieur l'ambassadeur vienne saluer nos mémoires défraîchies, de bien vouloir lui faire entendre nos interrogations, sans que cela ne devienne un crime de lèse-majesté
.


Watwania de Magudju



* Rappelons que ce tract a été distribué sous tension à Magudju lors de la visite de l'ambassadeur Luc Hallade dans ce quartier de Moroni. Une des personnes qui tractaient... s'est vue confisquer son tee-shirt sur lequel était marqué 'emblème de Watwaniya (patriote) par les amis (ou nervis) de Monsieur Kiki. Quelques jours plutôt, le même Kiki aurait offert de l'argent à un membre des Watwaniya de Magudju en échange d'un service rendu contre ses propres camarades, à l'occasion de cette virée de Monsieur l'ambassadeur de France dans le quartier. Kiki aurait ainsi voulu prouver son amitié envers la France, en lui servant des têtes d'agitateurs politiques supposés sur un plateau. Vérité ou mensonge ? Moroni raconte tellement d'histoires que nous ne saurons jamais ce qui est de l'ordre ou non de la fiction à deux sous. Nous nous contentons juste de rapporter ce qui est dit ici, et vous laissons maître, vous, cher lecteur, de l'analyse. Que ceux qui ne saisissent pas nos limites dans cette histoire nous écrivent, nous répondrons.

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 05:31

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 08:10